ABLE TL LE LION
Sultan léopard autrefois | Eut, ce dit-on, par mainte aubaine, Force bœufs dans {es prés, force cerfs dans fes bois, Force moutons parmi la plaine.
Il naquit un Lion dans la forêt prochaine.
Après les complimens & d’une & d'autre part, Comme entre grands il fe pratique, Le fultan fit venir fon vilir le renard, Vieux routier & bon politique.
Tu crains, ce lui dit-il, Lionceau mon voifin : | Son pere eft mort, que peut-il faire?
Plains pluftôt Le pauvre orphelin.
Il a chez lui plus d’une affaire, Et devra beaucoup au deftin, S'il garde ce qu’il a fans tenter de conquête. Le renard dit, branlant la tête, Tels orphelins, feigneur, ne me font point pitié; Il faut de celui-ci conferver l'amitié, Ou s’efforcer de le détruire, Avant que la griffe & la dent Lui foit crue, & qu'il foit en état de nous nuire: | N'y perdez pas un feul moment.
J'ai fait fon horofcope : il croïîtra par la guerre. Ce fera le meilleur Lion, Pour fes amis, qui foit fur terre; Tâchez donc d’en être, finon