‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 37 sur 120 · LE FERMIER, LE CHIEN &T LE RENARD · texte numérisé non relu

LE FERMIER, LE CHIEN &T LE RENARD

Le Loup & le Renard font d’étranges voifins :. Je ne bâtirai point autour dé leur demeure. | Ce dernier guettoit à toute heure Les poules d'un fermier: & quoique des plus fins, Il n’avoit pû donner atteinte à la volaille. D'une part l'appétit, de l’autre le danger, N'étoient pas au compere un embarras léger.

Hé quoi, dit-il, cette canaille, :

Se moque impunément de moi?

Je vais, je viens, je me travaille, J'imagine cent tours : le ruftre, en paix chez foi, Vous fait argent de tout, convertit en monnoie . Ses chapons, fa poulaille : il en a même au croc: Et moi, maître pafñlé, quand j'attrape un vieux coq, Je fuis au comble de Ia joie!

Pourquoi fire Jupin m'a-t-il donc appellé Au métier de Renard ? je jure les puiffances De l'olympe & du ftyx, il en fera parlé.

Roulant en fon cœur les vengeances ,:

Il choifit une nuit libérale en pavots. :

Chacun étoit plongé dans un profond repos:

Le maître du logis, les valets, le chien même, Poules, poulets, chapons, tout dormoit. Le Fermier Laiffant ouvert fon poulailler, Commit une fottife extrême.

Le voleur tourne tant, qu'il entre au lieu guetté, Le dépeuple, remplit de meurtres la cité.

Les marques de fa cruauté, Parurent avec l’aube: on vit un étalage De corps fanglans, & de carnage. |

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