‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 38 sur 120 · Tome IF. | DRE N · texte numérisé non relu

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jo FABLES CHOISIES.

Peu s'en fallut que le foleil Ne rebrouffât d'horreur vers le manoir liquide. Tel, & d'un fpeétacle pareil Apollon irrité contre le fier Atride, Joncha fon camp de morts: on vit prefque détruit L'oft des Grecs; & ce fut l'ouvrage d’une nuit. Tel encore autour de fa tente, Ajax à l'ame impatiente, De moutons & de boucs fit un vafte débris, ” Croyant tuer en eux fon concurrent Ulyfe, Et les auteurs de l’injuftice Par qui l’autre emporta le prix. Le Renard, autre Ajax, aux volailles funefte , Emporte ce qu’il peut, laiffe étendu le refte. Le maître ne trouva de recours qu’à crier Contre fes gens, fon chien: c’eft l'ordinaire ufage. Ah! maudit animal, qui n’es bon qu’à noyer, Que n'avertiflois-tu dès l'abord du carnage ? Que ne l'évitiez-vous ? c'eût été pluftôt fait. Si vous, Maître & Fermier, à qui touche le fait, Dormez fans avoir foin que la porte foit clofe, Voulez-vous que moi, chien, qui n'ai rien à la chofe, Sans aucun intérêt je perde le repos? | | Ce chien parloit très à propos :

Son raifonnement pouvoiteêtre Fort bon dans la bouche d’un maître, Mais n'étant que d’un fimple chien : ?

On trouva qu'il ne valoit rien:

On vous fangla le pauvre drille.

Toi donc, qui que tu fois, 6 pere de famille, (Et je ne t'ai jamais envié cet honneur ) T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c’eft erreur. Couche-toi le dernier, & vois fermer ta porte, Que fi quelque affaire importe,

Ne la fais point par procureur. (Fable ccvIl.)

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