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LA PTE
FABLE XT
L'AIGLE ET LA Pre.
L'Aigte, reine des airs, avec Margot la Pie, Différentes d'humeur, de langage & d’efprit, | Et d’habit, Traverfoient un bout de prairie.
Le hafard les affemble en un coin détourné.
L'Agalle eut peur: mais l’Aigle ayant fort bien dîné La raflure, & lui dit: allons de compagnie.
Si le maître des dieux affez fouvent s'ennuie, Lui, qui gouverne l'univers, Jen puis bien faire autant, moi, qu’on fçait qui le fers Entretenez-moi donc, & fans cérémonie.
Caquet bon bec alors de jafer au plus drû :
Sur ceci, fur cela, fur tout. L'homme d’'Horace Difant le bien, le mal à travers champs, n’eût fçu Ce qu'en fait de babil y fçavoit notre Agañle. Elle offre d’avertir de tout ce qui £ pañle, Sautant, allant de place en place, Bon efpion, dieu fçait. Son offre ayant déplu, L'Aigle lui dit tout en colere:
Ne quittez point votre féjour, Caquet bon bec, ma mie: adieu, je n'ai que faire __ D'une babillarde à ma cour:
C'eft un fort méchant caractere.
Margot ne demandoit pas mieux.
Ce n'eft pas ce qu'on croit, que d’entrer chez les dieux: Cet honneur a fouvent de mortelles angoiffes. Redifeurs, efpions, gens à l'air gracieux, Au cœur tout différent, s’y rendent odieux:
Quoiqu'ainfi que la Pie, il faille dans ces lieux Porter habit de deux paroiffes.
( Fable cexx1V")
DU
Al
vel
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