‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 93 sur 120 · SUIVEZ-NOUS · texte numérisé non relu

SUIVEZ-NOUS

vous n'ouvrez vos logis, ni vos cœurs.

O gens durs !

ré: … FADÉRES'CHOTSTE6

Il dit ; & Îes Autans troublent déja la plaine. | Nos deux Epoux fuivoient, ne marchant qu'avec peine. Un appui de rofeau foulageoit leurs vieux ans. | Moitié fecours des Dieux, moitié peur, fe hâtans,

Sur un mont aflez proche enfin ils arriverent.

À leurs pieds aufli-tôt cent nuages creverent.

Des miniftres du Dieu les efcadrons flottans Entraînerent fans choix animaux, habitans e

Arbres, maifons, vergers, toute cette demeure:

Sans veftige du bourg, tout difparut fur l'heure,

Les vieillards déploroient ces févères defins.

Les animaux périr ! car encor les humains,

Tous avoient dû tomber fous les céleftes armes ; Baucis en répandit en fecret quelques larmes. Cependant l'humble toit devient temple, & fes murs Changent leur frêle enduit en marbres les plus durs. De pilaftres maffifs les cloifons revêtues ,

En moins de deux iuflans æAlavant jafqu'anx nues ; Le chaume devient or, tout brille en ce pourpris : Tous ces événemens font peints fur. les lambris. Loin, bien loin les tableaux de Zeuxis & d'Apelle, Ceux-ci furent tracés d’une main immortelle.

Nos deux Epoux furpris, étonnés, confondus ,

se crurent, par miracle, en l'olympe rendus.

Vous comblez, dirent-ils, vos moindres créatures : Aurions-nôus bien le cœur & les mains affez pures , Pour préfider ici fur les honneurs divins,

Et Prêtres, vous offrir les vœux des pélerins ?

Jupiter exauça leur priere innocente.

Hélas ! dit Philémon, fi votre main puiffante

Vouloit favorifer jufqu'au bout deux mortels , Enfemble nous mourrions en fervant vos autels: Cloton feroit d’un coup ce double facrifice ; ; D'autres mains nous rendroient un vain & trifte office: Je ne pleurerois point celle-ci, ni fes yeux

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