‹ Fables, composées pour l'éducation du duc de Bourgogne [par] De La Mothe-Fénelon. Avec une préfChapitre 20 sur 31 · LES DEUX RENARDS · texte numérisé non relu

LES DEUX RENARDS

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[îi^Y^ prise dans un poulailler; ils étrangle-

c»^^y^î ^^^^ ^^ '■°^' '^^ poules et les poullets ; i>'vo^â^3P'"és ce carnage, ils appaisérent leur

faim. L'un, qui étoit jeune et ardent, vouloittout dévorer; l'autre, qui étoit vieux et avare, vouloit garder quelque provision pour l'avenir. Le vieux disoit : « Mon enfant, l'expérience m'a rendu sage. J'ai vu bien des choses depuis que je suis au monde. Ne mangeons pas tout notre bien en un seul jour : nous avons fait fortune; c'est un trésor que nous avons trouvé, il faut le ménager. » Le jeune répondit : « Je veux tout manger pendant que j'y suis, et me rassasier pour huit jours : car, pour ce qui est de revenir ici, chansons, il n'y fera pas bon demain ; le maître, pour venger la mort de ses poules, nous assommeroit. » Après cette conversation, chacun prend son parti. Le jeune mange tant qu'il se crève, et peut à peine aller mourir dans son terrier. Le vieux, qui se croit bien

plus sage de modérer ses appétits et de vivre d'œconomie, va le lendemain retourner à sa proye, et est assommé par le maître. Ainsi chaque âge a ses défauts : les jeunes gens sont fougueux et insatiables dans leurs plaisirs; les vieux sont incorrigibles dans leur avarice.

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