PREFACE V
sourire s'en mêlent, et en les approchant le caur se met de la partie sans demander un compte bien exact à la raison. L'excvnen chez l'un et chez l'autre pourra montrer bien des défauts, bien des faiblesses ou des langueurs ; mais la première impression reste vraie et demeure aussi la dernière... »
Au risque de ressembler èi Gros-Jean voulant en remontrer à son maître, nous nous permettrons de regretter que Sainte-Beuve ait omis de signaler aussi la différence qui existe dans renseignement des deux niaitrcs, différence qui se trouve être toute et l'honneur de Fénelon.
Si La Fontaine est plus originalement moraliste, Fénelon est bien plus foncièrement moral. Il n'y a point chez lui cette insouciance de ce que l'on peut appeler le long feu de la pensée qui distingue l'ainiable, mais égoïste « Bonhomnie ». Entre le commensal épicurien de M'"^ de Sable et l'ami quiétistc de JVf'fie Guyon, il y a, faisant pâlir les plus verveuses saillies de la finesse humaine, le pur rayonnenient de l'esprit chrétien, charitable et pratique dans ses plus hautes visées.
Prises à la lettre, les fables de La Fontaine, la plupart du temps, forment d' agréables petits traités de coquinerie sociale oii le plus fort a seul raison, oii le roué a tous les succès, et les naïfs, les bons, les généreux, les faibles, tous les horions. Bien autres sont les conclusions qu'incitent èi tirer, sans