‹ Fables, composées pour l'éducation du duc de Bourgogne [par] De La Mothe-Fénelon. Avec une préfChapitre 5 sur 31 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

iniaanthropie, sans défiance d'aulrui, dans leur vérité d'analyse et leur justesse d'aperçus, les inventions de Fénelon.

Si la comparaison n'était pas quelque peu hasardée, nous dirions que, dans son genre, Fénelon est à La Fontaine ce que Vauvenargues fut, dans le sien, à La Kochefoucauld.

Comme La Kochefoucauld , La Fontaine n apprend à connaitre la vie qu'en grossissant les travers de tous ; comme Vauvenargues , Fénelon y cherche et y trouve ce qui est susceptible de l'ennoblir et de la faire aimer.

Cette douceur d'apôtre dans ce précepteur de roi donne aux Fables un caractère singulier simultanément tendre et hautain, une sorte de noble indépendance d'esprit, virilisant les tendances d'une àme sensible ; domine, en la grandissant, l'instruction familière, au tour négligé, destinée à l'enfant d'abord, à l'adolescent ensuite, chez qui il faut façonner les idées d'un « roi philosophe y>, comme disait Fénelon, qui entendait par là non point un roi libre-penseur, mais un roi sage dans la plus magnifique acception du mot.

Ces mots « roi-philosophe » , qui conduisirent à ce que Sainte-Beuve traite, à bon droit, de « fausse vue philosophique » les novateurs du XVIII^ siècle, acquièrent leur véritable portée lorsqu'on analyse le recueil qui nous occupe, car l'homme qui s'y dévoile

Page 1