PREFACE VII
a l'esprit, la physionomie ^ du portrait tracé par Saint- Simon : « // a du docteur, du grand seigneur et de l'êvêque, »
Si l'auteur des Fables considérait, avec Boulainvilliers , que l'opinion qui adniet une infériorité de race est, d'après sa propre expression, « une erreur brutale y), il n'en arriva d'aucune façon à rêver les masses affranchies de l'autorité de la noblesse et du clergé, pas plus qu'il ne comprenait le moindre antagonisme vis-à-vis du catholicisme.
Très épris des beautés de la littérature grecque, il n'avait pas plus reçu d'atteinte à sa foi, par son goût pour les raffinements de l'imagination antique, qu'il ne devait en sentir diminuer l'ardeur par son rôle, plus inconscient que voulu, d'ailleurs, de précurseur de bon nombre des idées modernes.
Il y avait du lettré et du féodal, mais rien du démocrate et du libre penseur, dans ce chrétien fervent qui s'en allait vers les déshérités de privilèges, guidé par une charité évangélique, nullement par un instinct d'égalitaire.
Chez cet ami des pauvres, chez ce consolateur des affligés, chez ce défenseur des droits des petits, l'horreur du pouvoir absolu doit apparaître, certes, comme une lueur première de rénovation sociale éclairant une belle âme ; niais il ne faut pas perdre de vue, et les Fables, si on l'oubliait, seraient là pour le rappeler, que François Salignac de La Mothe-Fénelon n'eut
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jamais la pensée d'être autre chose qu'un fidèle consellier du fils de ses rois, qu'un obéissant serviteur de l'Eglise, dont il fut un des plus vertueux et des plus glorieux représentants.
En transparaissant à travers d'ingénieuses inventions, la figure du précepteur du duc de Bourgogne se dessine si nettement qu'en dehors de l'intérêt qu'elles présentent au point de vue littéraire, les Fables au~ raient le mérite d'entraîner à se faire, par soi-même, l'idée de ce que fut, en même temps que Fénelon, son royal élève.
M. de Beausset a, depuis longtemps, du reste, aidé la critique à saisir ces nuances lorsqu'il a dit, dans son histoire de l'évêque de Cambrai : « Si l'on veut connaître la méthode de Fénelon et suivre l'éducation de son élève, on n'a quci lire les fables qu'il écrivit pour le jeune prince. Chacune de ces fables fut composée dans le montent même ou. l'instituteur le jugeait utile ou nécessaire pour rappeler à l'élève la faute qu'il venait de commettre, et lui inculquer d'une manière plus sensible et plus précise la leçon qui devait l'instruire... »
Il y a donc à faire une large part à l'analyse psychologique dans CCS pages si simples et d'une si grande portée. Le penseur y trouve une niine inépuisable de réflexions, et l'historien peut y recueillir d'intéressantes révélations : car, dans les choses de cet ordre, l'exploration n'est jamais close. Tandis que le cri-