‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 11 sur 104 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Sans nous heurter? » — Après qu'il eut tout dit, L'Hirondelle, un instant faisant trêve à sa (liasse, Se pose et lui répond : « Perché sur votre échasse, Mon beau petit, vraiment, vous parlez d'or.

Que vous êtes novice encor De m'en vouloir, à moi, lorsque je vous pourchasse! Kclos de ce malin, vous seriez moins surpris Des choses d'ici-bas si vous pouviez comprendre Que l'hirondelle est au inonde pour prendre,

Les papillons pour être pris.

C'est une loi d'en haut. C'est l'éternelle histoire Du fort contre le faible ; et s'il vous plaît de croire Le peu que mon bon sens et l'âge m'ont appris, Dans ce sort à subir par tous tant que nous sommes, Faites, sans m'en vouloir ni me rien envier, Comme les animaux t'ont à l'égard des hommes, Comme le daim timide auprès du loup cervier, Comme je fais moi-même en fuyant l'épervier : Tâchez de m'éviter, car si je vous rattrape, Suivant le droit que Dieu donne à nos appétits,

Je vous culbute, je vous happe,

Et je vous porte à mes petits »

FABLE QUATRIÈME

Page 1