‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 12 sur 104 · LE CHIEX DO DEPUTE · texte numérisé non relu

LE CHIEX DO DEPUTE

Un député d'un des pays de France, Je ne sais plus lequel, le pays n'y fait rien. Lorsqu'il devait se rendre a la séance,

Avait soin d'enfermer son chien.

Cet animal (c'est le chien que j'entends) , Depuis que son maître était membre

De la Chambre , N'avait plus qu'à passer son temps A soupirer, à gémir dans la sienne.

Jamais ne prendre l'air, jamais se promener;

Il avait beau se démener,

C'était toujours la même antienne :

Allons, \ito, Milord, vite! sous l'escalier! » Après ces mots, on prenait le collier;

Ensuite venait la ficelle;

Et son tyran, qui le grondait,

A tous ses cris ne répondait

Qu'en serrant le nœud de plus belle.

Le maître, un jour pressé par l'heure officielle, Pour se rendre à la Chambre était prêt à partir; Il tenait son chapeau, n'avait plus qu'à sortir. Cependant quelqu'un vient. C'était de sa province

Un sien ami , qui de son prince Venait solliciter quelque léger bienfait.

— « Bonjour, mon cher, ah! par le temps qu'il fait Je croyais ne jamais trouver votre demeure.

Je trotte dans Paris depuis bientôt une heure : Enfin je vous revois : que je suis enchanté ! Eh bien, dans ce pays, comment va la santé?

— Pas mal. — Quoi donc ! est-ce que ma visite lous aurait causé quelque émoi?

Ai-je mal pris mon temps? Je suis venu si vite ! — Mon ami, voyez-vous, j'ai peu de temps à moi.

Page 1