LE CHIEX DO DEPUTE
Un député d'un des pays de France, Je ne sais plus lequel, le pays n'y fait rien. Lorsqu'il devait se rendre a la séance,
Avait soin d'enfermer son chien.
Cet animal (c'est le chien que j'entends) , Depuis que son maître était membre
De la Chambre , N'avait plus qu'à passer son temps A soupirer, à gémir dans la sienne.
Jamais ne prendre l'air, jamais se promener;
Il avait beau se démener,
C'était toujours la même antienne :
Allons, \ito, Milord, vite! sous l'escalier! » Après ces mots, on prenait le collier;
Ensuite venait la ficelle;
Et son tyran, qui le grondait,
A tous ses cris ne répondait
Qu'en serrant le nœud de plus belle.
Le maître, un jour pressé par l'heure officielle, Pour se rendre à la Chambre était prêt à partir; Il tenait son chapeau, n'avait plus qu'à sortir. Cependant quelqu'un vient. C'était de sa province
Un sien ami , qui de son prince Venait solliciter quelque léger bienfait.
— « Bonjour, mon cher, ah! par le temps qu'il fait Je croyais ne jamais trouver votre demeure.
Je trotte dans Paris depuis bientôt une heure : Enfin je vous revois : que je suis enchanté ! Eh bien, dans ce pays, comment va la santé?
— Pas mal. — Quoi donc ! est-ce que ma visite lous aurait causé quelque émoi?
Ai-je mal pris mon temps? Je suis venu si vite ! — Mon ami, voyez-vous, j'ai peu de temps à moi.