‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 33 sur 104 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

L'hôte répond : - Je te le jure Et j'en prends les dieux à témoins!

Mais on frappe... je t'en conjure, Ne me fais pas l'insigne injure De te délier de mes soins. »

La troupe des chasseurs arrive; Le pauvre Loup, sur le qui-vive, Craignant quelque embûche surtout, De son mieux relient son haleine , Ne bouge pas, respire à peine, Demeure en garde jusqu'au bout, Et, dans son inquiète attente, Moitié couché, moitié debout, Prête l'oreille, écoute tout, Et regarde par une fente.

Les chasseurs disent : « Bûcheron , Devons- nous faire bonne chasse.'' Toi qui sais par où le Loup passe, A-l-il passé par ce canton"?

Depuis, corbleu! bientôt une heure Que les traqueurs l'ont rencontré, Nous l'aurions sans doute éventré,

Mais il semble que c'est un leurre.

Serait-il pas dans ta demeure? •

— .. \on , dit le traître, que je meure Si c'est chez moi qu'il est entré; Non, trois lois non, je le répète; »

Mais le perfide hoche la tète.

Leur fait signe, et du bout du doigt Se hâte à leur montrer l'endroit Où se cache la pauvre bête.

Et les chasseurs à telle fête De courir, criant : Mort au loup!

Et c'est à qui se précipite, A qui l'atteindra le plus vite Et portera le premier coup.

Mais le Loup n'était plus au gîte.

Trompeur est trompé quelquefois.

Il avait entendu la voix Et compris le signe du traître , Et, n'en pouvant faire à son choix.

S'était sauvé par la fenêtre.

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