‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 35 sur 104 · LES CORBEAUX ET LA PIE · texte numérisé non relu

LES CORBEAUX ET LA PIE

Rassemblés sur un grand chemin,

Des corbeaux, suivant leur usage, Avant le déjeuner, causaient de grand matin.

C'était la foire au village voisin; Ils attendaient la fortune au passage ,

Ou, pour mieux dire, le butin Que laissent aux corbeaux les chevaux en voyage

Je n'en dirai pas davantage Sur Ja nature du festin.

Une pic, auprès deux, et qui , comme eux , sans doute, Désirait prendre part au banquet de la roule. Les aborde et leur dit : .. Pour moi, c'est un besoin, Mes frères, de causer quand je suis à rien faire;

Beaucoup jaser, c'est mon affaire.

Et pour vous, qui venez de loin.

Ce peut bien être aussi la votre.

Car votre famille et la nôtre , (Test tout une, je crois; mais, véritablement ,

Vous nY'les point de ces contrées ?

.J'en juge à votre accoutrement :

Gris manteaux ' ne sont pas de ce département,

Et vous venez apparemment

Des régions byperborées ?

Que \ous êtes heureux, mes frères, de pouvoir i oler de par les airs, selon votre vouloir,

- De vous élever jusqu'aux nues.

Si cela vous convient; de traverser les mers,

1 Le nom de gris-manteaux est donne à une sorte de corbeaux à ailes grises qui , dans les «{rands hivers . nous viennent «les régions du Nord.

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