TÉMOIGNA G F. I)' A F F E C T
Las de voler à l'aventure,
Incertains de leur nourriture,
Une vingtaine de moineaux , Désireux de bien vivre et de vivre en repos Dans une ferme avaient pris domicile.
Ils s'y plaisaient ; la chose était facile :
Là se trouvaient pour eux tous les biens à la lois :
Du blé dans les greniers , dans les champs des semences ;
Et dans les jardins , force pois.
Rien ne manquait. Mais de leurs jouissances ,
Celle qui les charmait surtout, C'était des pots rangés au haut d'une muraille, Pots tout exprès percés par l'un et l'autre bout, Et placés de façon que la mousse et la paille Et le tendre duvet , avec art réunis , S'y pouvaient arrondir pour y former leurs nids.
Ah ! sans doute une Providence A leur félicité promettait un long cours :
Nager au sein de l'abondance , Et, pour couver leurs œufs, doux fruits de leurs amours, Avoir une agréable et sûre résidence.
Deux des leurs cependant, couple expérimenté,
Chez qui l'âge avait augmenté
L'heureux instinct de la prudence,
Avaient fait leur nid à l'écart ,
Craignant d'exposer tôt ou tard
Leur premier bien , l'indépendance.
Un jour que tous ensemble ils se trouvaient aux champs, -D'où vous vient, leur dit-on, cette humeur solitaire?