I. HOMMK ET S(>\ CIIIKV
.. Toi que j'admis souvent à partager ma soupe,
Au temps de ma prospérité ; Toi qui sus, comme moi, boire à la double coupe
De la richesse et de la pauvreté ; Compagnon de ma bonne et mauvaise fortune , Oui de mes seuls foyers fis tout ton univers, Oui me suivis partout et qui, dans mes revers. Ne lis jamais entendre nue .plainte importune;
S'il ne m'a 'pas été donné De garder des amis quand je n'étais plus riche,
Toi , du moins , mon pauvre caniche ,
Tu ne m'as pas abandonné.
Dans mes desfins divers, heureux ou misérable. Je t'ai trouvé toujours à toi-même semblable : Rien n'a pu me ravir ton fidèle secours; !)<■ mes moindres soucis soigneux de me distraire J'aurais moins obtenu des tendresses d'un frère : Aussi je suis à toi pour jamais, à toujours! -
Où pensez-vous pointant qu'aboutit ce discours? Vous en êtes ému; vous le croyez sincère.
Détrompez-vous, car l'homme est inconstant.
Ingrat, oublieux des services.
Même capable de sévices Envers ses bienfaiteurs, s'il en est mécontent.
Cet homme donc , par un de ces caprices Communs chez notre espèce, a bientôt oublie Ce vain luxe de gratitude.
Envers son serviteur il se croit délie : S'il le soignait, c'était par habitude;