‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 46 sur 104 · I. HOMMK ET S(>\ CIIIKV · texte numérisé non relu

I. HOMMK ET S(>\ CIIIKV

.. Toi que j'admis souvent à partager ma soupe,

Au temps de ma prospérité ; Toi qui sus, comme moi, boire à la double coupe

De la richesse et de la pauvreté ; Compagnon de ma bonne et mauvaise fortune , Oui de mes seuls foyers fis tout ton univers, Oui me suivis partout et qui, dans mes revers. Ne lis jamais entendre nue .plainte importune;

S'il ne m'a 'pas été donné De garder des amis quand je n'étais plus riche,

Toi , du moins , mon pauvre caniche ,

Tu ne m'as pas abandonné.

Dans mes desfins divers, heureux ou misérable. Je t'ai trouvé toujours à toi-même semblable : Rien n'a pu me ravir ton fidèle secours; !)<■ mes moindres soucis soigneux de me distraire J'aurais moins obtenu des tendresses d'un frère : Aussi je suis à toi pour jamais, à toujours! -

Où pensez-vous pointant qu'aboutit ce discours? Vous en êtes ému; vous le croyez sincère.

Détrompez-vous, car l'homme est inconstant.

Ingrat, oublieux des services.

Même capable de sévices Envers ses bienfaiteurs, s'il en est mécontent.

Cet homme donc , par un de ces caprices Communs chez notre espèce, a bientôt oublie Ce vain luxe de gratitude.

Envers son serviteur il se croit délie : S'il le soignait, c'était par habitude;

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