‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 51 sur 104 · LU RE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LU RE DEUXIEME

« Entrez, messieurs; l'incomparable bête,

L'homme, cet animal si grand, si curieux. Nous vous l'avons amené dans ces lieux. Animaux de tous rangs, bêtes de toutes races,

Grands et petits, prenez vos places.

Le prix est le même pour tous :

La bagatelle de cinq sous. »

Quand tout son monde est placé sous la tente, Il se fait un moment de silence et d'attente. Lui, derrière la toile, accomplit son projet.

Achève sa supercherie, Car il est à lui seul de sa ménagerie L'entrepreneur et le sujet.

Il se prépare, il s'affuble, il s'arrange De la façon la plus étrange, Au gré de son astuce et suivant son besoin;

Mais le public, le bon public est loin De trouver de son goût cette plaisanterie. L'acteur en scène, il voit la jonglerie. Chacun de murmurer, personne d'applaudir. Il a beau s'admirer, se hausser, se grandir, Faire manchette et jabot de fin linge; On a trop vu le poil du singe,

Dès lors lout est manqué, dès lors loul est perdu, Le héros reste confondu.

Conclusion de lout ce coule :

On éprouve plus d'un mécompte, On s'expose à plus d'un faux pas A vouloir se montrer pour ce que l'on n'est pas.

FABLE NEUVIEME

L A Q L K lt E I. L E I) E S C H I K \ S.

Deux chiens, d'humeur assez cruelle, Pour un os à ronger s'étaient pris de querelle,

Ils se disputaient au plus fort,

Et, dans leur ardeur meurtrière, Ils allaient s'échiner de la belle manière, Quand un autre survient qui veut mettre raccord.

Sans doute à l'endroit du tapage

H fut conduit par un funeste sort ;

Nos querelleurs avides de carnage, Fâchés qu'on vînt s'enquérir de leur tori Sur le médiateur assouvirent leur rage ' Et l'étranglèrent tout d'abord.

La Fontaine ou Deshoulières \*ous l'a dit en quelque endroit :

Ne mettons jamais le doigt Entre deux màchelières.

LE PLATAXK ET LES VO YACEl'RS.

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