‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 66 sur 104 · LES CHIEXS QUI S EN VONT \ I.A VOCE · texte numérisé non relu

LES CHIEXS QUI S EN VONT \ I.A VOCE

Deux honnêtes bourgeois du quartier Saint-Martin,

Qui partaient, par un beau malin, Pour leur maison des champs, du côté de Pantin, Avaient fait entasser dans un char de campagne Volailles et pâtés, jambons, vins de Champagne, Vins de Madère et vins d'Espagne.

C'était chez eux jour de noce et festin ; Ils avaient marié leur fille,

Et pour célébrer en famille Les premières douceurs de son nouveau destin, Bambins, proches parents, et cousins et cousines. Et même aussi quelques voisines.

Serin, perruche et perroquet, La chatte même et le petit roquet, Tout en était, tout désertait la ville, Hormis deux Chiens que, pour raison, Le maître avait laissé gardiens de la maison.

Polydor et César trouvaient fort peu civile

Cette façon d'en agir avec eux.

« Camarade, dit l'un, nous étions bien heureux, Tout à lTieure; et déjà nous goûtions par avance Le plaisir d'un jour de bombance.

Mais, dans ce monde où tout est incertain, Où d'un instant à l'autre, ainsi que ce matin, On voit naître et périr une juste espérance. Qui dirait avec assurance Qu'il peut compter sur quelque bien? »

Polydor achevait de parler de la sorte Et César lui répond : a Ami, tu parles bien; Mais bien parler n'avance à rien.

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