LE LIOK ET L ANE
L'antiquité nous dit : « La cfainte a fait les dieux. Ne prenons point pour noire une Iclle maxime, Xous, partisans du vrai, nous, chrétiens sérieux, Gardons-nous d'effleurer d'un doute injurieux Les révélations de noire foi sublime, Examinons pourtant d'un esprit curieux
Ce mouvement mystérieux,
Cette crainte pusillanime Qui s'empare des cœurs et qui met sous sa loi
Les grands et le vulgaire et le pâtre et le roi. Même les animaux en subissent l'empire;
Mille traits sont là pour le dire, Et, chez nous et chez eux, tous des plus surprenants
Le grand Condé croyait aux revenants;
Une souris faisait peur à Turenne;
Et quand Pépin descendit dans l'arène
Pour y combattre un taureau furieux ,
Un limaçon qui s'offrit à ses yeux Fit passer dans son àme un trouble involontaire.
Qui pourrait dire le mystère Du rapport de son être à ce colimaçon ?
Napoléon, qui peut aller de taille Avec Condé, Turenne et gens de leur façon,
Un vendredi n'eut point livré bataille.
Voilà pour les humains; et, quant aux animaux, Voici ma fable à leur propos :
Un Lion, suivant l'histoire, Entendant un coq chanter ( Le coq est sa bête noire ) Se prit à s'épouvanter,