‹ Fables, contes et autres poésiesChapitre 88 sur 104 · I. UGLE l'.T l.\ POULE · texte numérisé non relu

I. UGLE l'.T l.\ POULE

A M 0 NSI E l K G 0 V T -DES M A R T H E S

urrEt'it des Gerbes de Poésie, «muni ut l'ai idéuie pk bordeaux , TÉMOIGNAGE DE TRES-AFFECTUEUSE ESTIME.

Sur l'abrupte somme! d'un inouï voisin de* cieux \Oii loin dv* sources du tonnerre, Un Aigle avait bâti son aire

Dans les flancs déchirés d'un rocher sourcilleux;

Et sa compagne et lui se plaisaient en ces lieux. Et les âpres élans de leur propre génie, Et leurs regards planant sur l'océan des airs, Et les globes roulants dans la sphère infinie, Et des vents déchaînés les sublimes concerts, Autour du couple heureux tout était harmonie.

Mais qui peut s'assurer d'être toujours constant, De n'avoir qu'un amour et d'y rester fidèle?

L'Aigle aimait sa compagne, et cependant près d'elle L'ennui, d'autres souhaits, venaient à tout instant Lui faire de son sort dédaigner l'avantage. In rang moins élevé, moins de gloire en partage,

Des amours de moins haut étage Lui semblaient, sous l'attrait de l'infidélité,

La suprême félicité.

Du besoin de changer puissance inexplicable! Aux maux que vous causez quel remède applicable? L'Aigle n'en voyait point. Un jour qu'à ses aiglons Leur mère, descendue aux terrestres vallons, S'était mise en souci d'aller chercher pâture, L'Aigle de sou côté, qui cherchait aventure,

Page 1