L'AIGLE ET LE HIBOU
à DDGIS M
L'oiseau qui porte le tonnerre t7 f Disgracié, banni du céleste séjour 38
Par une cabale de cour,
S'en vint habiter sur la terre :
Il errait dans les bois, songeant à son malheur,
Triste, dégoûté de la vie,
Malade de la maladie
Que laisse après soi la grandeur.
Un vieux hibou, du creux d'un hêtre, L'entend gémir, se met à la fenêtre, Et lui prouve bientôt que la félicité Consiste dans trois points : Travail, paix et santé.
L'aigle est touché de ce langage :
Mon frère, répond-il (les aigles sont polis Lorsqu'ils sont malheureux), que je vous trouve sage! Combien votre raison, vos exceli nts avis, M'inspirent le désir de vous voir davantage,
De vous imiter, si je puis !
Minerve, en vous plaçant sur sa tête divine,
Connaissait bien tout votre prix;
C'est avec elle, j'imagine,
Que vous en avez tant appris Non, répond le hibou, j'ai bien peu de science; Mais je sais me suffire, et j'aime le silence, L'obscurité surtout. Quand je vois des oiseaux, Se disputer entre eux la force, le courage, Ou la beauté du chant, ou celle du plumage, le ne me mêle point parmi tant de rivaux,
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