‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 186 sur 271 · PLUTON ET PROSERPINE · texte numérisé non relu

PLUTON ET PROSERPINE

Afin d'avoir la paix dans ma famille, J'imagine un traité que le sort scellera.

Que six mois de l'année il garde voire fille , Et les six autres mois pour vous elle vivra.

Voilà mon arrêt ; toi, Mercure,

Va le porter au dieu des morts.

L'huissier céleste part, arrive aux sombres bords , Instruit Pluton. L'arrêt excite son murmure.

Quoi, mon frère, dit-il, attente à mes désirs !

Prétend-il donc me tailler mes plaisirs ?

Nous lui laissons ses biens ; qu'il nous laisse les nôtres. Je n'aurais que six mois cette chère beauté !

Eh ! comment vivre les six autres ?

Est-ce pour l'adorer trop de l'éternité?

Vous êtes à plaindre sans doute, Lui dit Mercure, en reprenant sa route :

Hais c'est l'ordre du sort : tel qu'il est, le voilà ;

Il faut bien en passer par là. *

Proserpine est donc épousée.

Grande fête aux enfers ; tout supplice y cessa :

On dit qu'ainsi que l'Elysée,

Tout le Tartare à la noce dansa.

Au bout de quinze jours Pluton dit à sa femme :

On va vous ravir à ma flamme ; Enfin le terme approche où vous m'allez quitter.

Ici nous ne pouvons compter Ni les jours ni les mois : nos astres l immobiles

Ne sauraient mesurer le temps :

Hais je sens bien, depuis que mes vœux sont tranquilles,

Qu'il s'est passé bien des instants»

1 Les anciens croyaient que l'Elysée, séjour des ombres heureuses, était éclairé par des astres particuliers»

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