‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 129 sur 160 · LIVRE V, FABLE H · texte numérisé non relu

LIVRE V, FABLE H

De quelque naïade ' expirante.

Les deux lions courent d'abord

Au bruit de cette eau murmuranîe.

Ils pouvaient boire ensemble ; et la fraternité, Le besoin,. leur donnaient ce conseil salutaire :

Mais l'orgueil disait le contraire,

Et l'orgueil fut seul écouté.

Chacun veut boire seul : d'un œil plein de colère

L'un l'autre ils vont se mesurants.

Hérissent de leur cou l'ondoyante crinière ; De leur terrible queue ils se frappent les flancs, Et s'attaquent avec de tels rugissements, Qu'à ce bruit, dans le fond de leur sombre tanière, Les tigre:» d'alentour vont se cacher tremblants '^.

Egaux en vigueur, en courage, Ce combat fut plus long qu'aucun de ers combats Qui d'xVchille ou d'Hector signalèrent la rage ;

Car les dieux ne s'en mêlaient pas.

Après une heure ou deux d'efforts et de morsures. Nos héros fatigués, déchirés, haletants,

S'arrêtèrent en même temps.

Couverts de sang et de blessures.

N'en pouvant plus, morts à demi.

Se traînant sur le sable, à la source ils vont boire : Mais pendant le combat la source avait tari. Ils sxpirent auprès.

Vous lisez votre histoire.

Malheureux insensés, dont les divisions,

L'orgueil, les fureurs, la folie, Consument en douleurs le moment de la vie :

Hommçs, vous êtes ces lions ;

Vos jours, c'est l'eau qui s'est larie.

1. Naiade, aymphe de sourceoudefonuine, prise pour la source •lle-méme.

3. Celte description est belle, mais bien iiiféiieureà cellede Ia PuDtune, quand celui-ci pciot la fureur du lion harcelé par un moucheron. La comparaison de ces deux morceaux peut faire cumprendre quelle dislance sépare le talent et le génie p^e'.iq.'jcs.

ni

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