‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 130 sur 160 · LIVRE V, FABLE HI · texte numérisé non relu

LIVRE V, FABLE HI

m. Le procès des deux Renards.

8 lie je hais cet art de pédant, elle ionique captieuse, Qui d'une chose claire en fait une douteuse, D'un principe erroné tire subtilement

Une conséquence trompeuse,

Et raisonne en déraisonnant!

Les Grecs ont inventé celte belle manière : lis ont fait plus tle mal qu'ils ne croynient en faire. Que Dieu leur donne paix! Il s'agit "d'un renard, Grand argumcntaleur, célèbre babillard,

Et qui montrait la rhétorique.

Il tenait école publique, Avait des écoliers qui payaient en poulets. Un d'eux, qu'on destinait à plaider au |)alais', Devait payer son maître à la première cause

Qu'il gagnerait : ainsi la chose Avait été réglée et d'une et d'autre part. Son cours étant fini, mon écolier renard

Intente un {)rocès à son maître, Disant qu'il ne doit rien. Devant le léopard

Tous les deux s'en vont comparaître.

€ Monseigneur, disait l'écolier, Si je gagne, c'est clair, je ne dois rien payer,

Et cela par votre sentence, Puis(|ue par la sentence

J'aurai droit de ne pas payer*.

Si je perds, nulle est sa créance;

Car il convient que l'échéance

i. Palais, le lieu oh sic^gont les tribunaux.

2. Il faut signaler la négligence du poëtc ([ui fail rimer sans foçou M contre la r?gle les niémes mots icnlenre cl l'oyer. On pourrHit sans inconvénient supprimer ces deux derniers vers, qui ont l'air d'une glose gli^s(^c dans loli.'xic; le sens n'y perdrait rien, et on évi. terait un srandalu de vcrsillcaiion.

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