‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 145 sur 160 · LIVRE V, FABLE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE V, FABLE XIII

Laissent voir les sillons tout nus.

« Pour le coup, s'écriait la triste sauterelle, Voilà qui prouve bien la haine universelle Qui partout me poursuit : à peine en ce pays A-t-on su que j'étais, qu'un peuple d'ennemis

S'en vient pour chercher sa victime.

Dans la fureur qui les anime, Employant conire moi les plus affreux moyens , De peur que je n'échappe ils ravagent leurs biens : Ils y mettraient le feu, s'il était nécessaire. Eh! messieurs, me voilà, dit-elle en se montrant;

Finissez un travail si grand;

Je me livre à votre colère. »

Un moissonneur, dans ce moment, Par hasard la distingue : il se baisse, la prend, El dit , en la jetant dans une herbe fleurie

« Va manger , ma petite amie. »

XIY. La Gvêpe et l'Abeille,

Dans le calice d'une fleur

La guêpe un jour voyant l'abeille ,

S'approche en rappelant sa sœur.

Ce nom sonne mal à l'oreille

De l'insecte plein de fierté.

Qui lui répond : « Nous sœurs! ma mie;

Depuis quand cette parenté?

— Mais c'est depuis toute la vie,

Lui dit la guêpe avec courroux ;

Considérez-moi ,JG vous prie:

J'ai des ailes tout comme \ous,

Wéme taille, même corsage;

Et, s'il vous en faut davantage,

Nos dards sont aussi ressemblants.

12(i LIVRE V, FaBLE XIV.

— Il est vrai , r(''pliqua l'abeille; Nous avons une arme pareille, Mais |iour des emplois différents :

La vôtre sert votre insolence, La mienne repousse l'offense ; Vous provoquez , je me défends. »

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