‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 147 sur 160 · LIVRE V, FABLE XV · texte numérisé non relu

LIVRE V, FABLE XV

S'il l'aperçoit, il frappe et nous voilà blottis.

Avec nos femmes, nos petits,

Dans la gaîté, dans la concorde, Nous passons les instants que le ciel nous accorde.

Souvent ils sont prompts à finir; Les panneaux, les furets, abrègent notre vie :

Raison de plu.- pour en jouir.

Du moins par l'amitié, l'amour et le plaisir, Autant qu elle a duré hous l'avons embellie :

Telle est notre philosophie.

Si cela vous convient, demeurez avez nous ,

Et soyez de la colonie ; Sinon, faites l'honneur à notre compagnie D'accepter à dîner, puis retournez chez vous. »

A ce discours plein de sagesse, Le hérisson repart qu'il sera trop heureux

De passer ses jours avec eus.

Alors chaque lapin s'empresse

D"imiter l'honnête doyen,

Et de lui faire politesse.

Jusques au soir tout alla bien.

i\(ais, lorsqu'après souper la troupe réunie Se mit à deviser des affaires du Icnips,

Le hérisson de ses piquants Blesse un jeune lapin, o Doucement, je vous prie, »

Lui dit le père de l'enfant.

Le hérisson, se retournant.

En pique deux, puis trois, et puis un quatrième. On murmure, on se fâche, on l'entoure en grondant. ^« Messieurs, s'écria-t-il, mon regret est extrême; Il faut me le passer, je suis ainsi bâti.

Et je- ne puis pas me refondre.

[— Ma foi, dit le doyen, en ce cas, mon ami,

Tu peux aller te faire tondre »

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