‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 148 sur 160 · XVI. Le Milan et le Pigeon · texte numérisé non relu

XVI. Le Milan et le Pigeon

Un milan plumait un pigeon,

Et lui disait : a Méchante biite, Je te connais; je sais l'aversion Qu'ont pour moi les pareils; te voilà ma conquête I Il est des dieux vengeurs. — Hélas! je le voudrais, Répondit le pigeon. — 0 comble des forfaits ! S'écria le milan, quoi I ton audace impie

Ose douter qu'il soit des dieux ?

J'allais te pardonner • mais, pour ce doute affreux,

Scélérat, je te sacrifie. »

XVll. Le Chien coupable.

« Mon frère, sais-tu la nouvelle?

Mouflar, le bon Moutlar, de nos chiens le modèle, Si redouté des loups, si soumis au berger,

Mouflar vient, dit-on, de manger Le petit agneau noir, puis la brebis sa mère, Et puis sur le berger s'est jeté furieux.

— Serait-il vrai? — Très-vrai, mon frère.

— A qui donc se fier, grands dieux ! p

C'est ainsi que parlaient deux moutons dans la plaine;

Et la nouvelle était certaine.

Alnuflar, sur le fait même pris,

N'attendait plus que lcsup|ilice; Et le fermier voulait qu'une prumpte justice

Effrayât les chiens du pays.

La procédure en un jour est finie,

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