‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 149 sur 160 · LIVRE V, FABLE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE V, FABLE XVII

Mille témoins pour un déposent l'atlenlat ' : Recolos, confrontés, aucuri d'eux ne varie; Mouflar est convaincu du triple assassiîiat : Moullar recevra donc deux balles dans la tète

Sur le lieu même du délit.

A son supplice qui s'apprête

Toute la ferme se rendit.

Les agneaux de Miiuflar demandèrent la grâce ; Elle fut refusée. On leur fit prendi e place :

Les chiens se rangèrent près d'eux, Tristes, humiliés, mornes, l'oreille basse, Plaignant, sans l'excuser, leur frère malheureux. Tout le monde attendait dans un profond silence, ^loutlar paraît bientôt, conduit par deux pasteurs : Il arrive; et , levant au ciel ses yeux en pleurs,

Il harangue ainsi l'assistance :

« 0 vous qu'en ce moment je nose et je ne puis Nommer, comme autrefois, mes îrères, mes amis,

Témoins de mon heure dernière, Voyez où peut conduire un coupable désir! Do la vertu quinze ans j'ai suivi la carrière;

Un faux pas m'en a fait sortir.

Apprenez mes forfaits. Au lever de l'aurore. Seul, auprès du grand bois, je gardais le troupeau^

Un loup vient , emporte un agneau,

Et tout en fuyant le dévore.

Je cours, j'atteins le loup, qui, laissant son festin,

Vient m'altaquer : je le terrasse,

Et je l'étrangle sur la place.

C'était bien jusque là : mais pressé par la faim, De l'agneau dévoré jo regarde le reste, ., J'hésite, je balance... A fa fin, cependant,

J'y porte une coupable dent :

Voilà de mes malheurs l'origine funeste.

La brebis vient dans cet instant;

Elle jette des cris de mère...

1. On nedii pas déposer un faii, mais d'u>i fait ou sur un fait.

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