‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 3 sur 160 · DE LA FABLE. VII · texte numérisé non relu

DE LA FABLE. VII

« cieux, en distinguant bien les nuances du riant et du « gracieux , du naturel et du naïf. »

« Tout cela est plein d'esprit , j'en conviens : mais , quand on saura toutes ces Gnesses, on sera tout au plus en état de prouver, comme l'a fait M. de La Motte , que la fable des Deux Pigeons est une fable imparfaite, car elle pèche contre Vunité ; que celle du Lion amoureux est encore moins bonne, car limage entière est vicieuse *. Mais , pour le malheur des définitions et des règles , tout le monde n'en sait pas moins par cœur l'admirable fable des Deux Pigeons ; tout le monde n'en répète pas moins souvent les vers du Lion amoureux, et personne ne se soucie de savoir qu'on peut démontrer rigoureusement que ces deux fables sont contre les règles.

«Vous exigerez peut-être de moi, en me voyani critiquer avec tant de sévérité les définitions, les préceptes donnés sur la fable, que j'en indique de meilleurs : mais je m'en garderai bien, car je suis convaincu que ce genre ne peut être défini et ne peut avoir de préceptes. Boileau n'en a rien dit dans son Art poétique, et c'est peut-être parce qu'il avait senti qu'il ne pouvait le soumettre à ses lois. Ce Boileau , qui assurément était poëte , avait fait la fable de la Mort et du Malheureux, en concurrence avec La Fontaine. J. B. Rousseau , qui était poëte aussi , traita le même sujet. Lisez dans M. d'Alerabert* ces deux apologues comparés avec celui de La Fontaine ; vous trouverez

I . OEnvres de La Motte , Diteours sur la fable, tome IX, p. 33 et Buiv. t. Histoire des membres de l'Académie française.

Page 1