I. La Stère, l'Enfant et les S'irigves
« Maman , disait un jour à la plus tendre mère Un enfant péruvien sur ses genoux assis, Quel est cet animal qui , dans cette bruyère ,
Se promène avec ses petits ?
Il ressemble au renard. — Mon fils, répondit-elle.
Du sarigue c'est la femelle :
Nulle mère pour ses enfants N'eut jamais plus d'amour, plus de soins vigilants. La nature a voulu seconder sa tendresse, ' ,
Et lui fit près de l'estomac Une poche profonde, une espèce de sac, Où ses petits , quand un danger les presse ,
Vont mettre à couvert leur faiblesse.
Fais du bruit , tu verras ce qu'ils vont devenir. » L'enfant frappe des mains ; la sarigue attentive
Se dresse, et , d'une voix plaintive , Jette un cri , les petits aussitôt d'accourir ,
Et de s'élancer vers la mère , En cherchant dans son sein leur retraite ordinaire.
La poche s'ouvre, les petits
En un moment y sont blottis ; Ils disparaissent tous : la mère avec vitesse
S'enfuit emportant sa richesse".
La Péruvienne alors dit à l'enfant surpris :