‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 52 sur 160 · V. Le Troupeau de Colas · texte numérisé non relu

V. Le Troupeau de Colas

Dès la pointe du jour , sortant de son hameau ,

Colas , jeune pasteur d'un assez beau troupeau ', V ^

Le conduisait au pâturage. ^

Sur sa roule , il trouve un ruisseau <"' -k^

Que, la nuit précédente, un effroyable orage Avait rendu torrent ; comment passer cette eau? Chien, brebis et berger, tout s'arrête au rivage. En faisant un circuit l'on eût gagné le pont ; C'était bien le plus sûr, mais c'était le plus long : Colas veut abréger. D'abord il considère

Qu'il peut franchir cette rivière;

Et, comme ses béliers sont forts ,

Il conclut que , sans grands efforts , Le troupeau sautera. Cela dit, il s'élance; Son chien saute après lui ; béliers d'entrer en dàBse,

A qui mieux mieux : courage , allons 1

Après les béliers , les moutons ; Tout est en l'air, tout saute ; et Colas les excite

En s'applaudissant du moyen.

Les béliers, les moutons, sautèrent assez bien ;

Mais les brebis vinrent ensuite , Les agneaux, les vieillards, les faibles, les peureux,

Les mutins, corps toujours nombreux , Qui refusaient le saut ou sautaient de colère,

Et, soit faiblesse, soit dépit.

Se laissaient choir dans la rivière.

B s'en noya le quart ; un autre quart s'enfuit ,

Et sous la dent du loup périt.

Colas, réduit à la misère*,

1. Florian ne nous dit pas si Colas était comme le pasteur doni parle Virgile :

Formosi pecoris custos, formosior ipte.

2. Le berger o'n perdu que deux quarts de son troupe&a ; à et;

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S'aperçut, mais trop tard, que pour un bou pasteur Le plus court n'est pas le meilleur.

compte, il lui reste ericore la moitié «d'un assez beau troapeau. • Peul-«D dire qu'il est réduit à la misère ?

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