‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 53 sur 160 · VI. Le Bouvreuil et le Corbeau · texte numérisé non relu

VI. Le Bouvreuil et le Corbeau

ê Un bouvreuil, un corbeau, chacun dans une cage,

Habitaient le même logis.

L'un enchantait par son ramaM La femme , le mari , les gens, tout le ménage ; L'autre les fatiguait sans cesse de ses cris; Il demandait du pain , du rôti , du fromage,

Qu'on se pressait de lui porter,

Afin qu'il voulût bien se taire.

Le timide bouvreuil ne faisait que chanter, Et ne demandait rien : aussi , pour l'ordinaire,

On l'oubliait ; le pauvre oiseau

Manquait souvent de grain et d'eau.

Ceux qui louaient le plus de son chant l'harmonie

N'auraient pas lait le moindre pas

Pour voir si l'auge était remplie.

Ils l'aimaient bien jiourtant, mais ils n'y ' pensaient pas. Un jour on le trouva mort de faim dans sa cage. tAhl qiiel malheur! dit-on : las! il chantait si bien*! De quoi doncest-il mort? Certes, c'est grand dommage!» Le corbeau cric encore et no manque de rien.

1. L'adverbe y s'emiOoie pour à cela et se rapporte à lldée exprimée par le vers precéaenl. Les gens ne songeaicni pas ai l'aage était ou non remplie. Us neponsHit'ni pas à cela.

2. Du temps de Flurian, Mallilàire étdii mort dans la détresse, et de nos jours un autre poëic, siincrieur h Maifllàire, Hégésippe Moreau, s est éteint obscurément aaiis un liiVpiial. Alurs, comiue tou- Joare, les corbeaux ne manquaient de rien.

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