‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 54 sur 160 · VII. Le Singe qui montre la Lanterne magique · texte numérisé non relu

VII. Le Singe qui montre la Lanterne magique

Messieurs les beaux esprits, dont la prose et les vers Sont d'un style pompeux et toujours admirable, Mais que l'on n'entend point, écoutez cette fable, Et tâchez de devenir clairs.

Un homme qui montrait la lanterne magique

Avait un singe dont les tours

Attiraient chez lui grand concours, lacqueau, c'était son nom, sur la corde élastique

Dansait et voltigeait au mieux ,

Puis faisait le saut périlleux , Et puis .«ur un cordon , sans que rieu le soutienne , Le corps droit , fixe , d'aplomb , ^

Notre Jacqueau fait tout du long

L'exercice à la prussienne.

Un jour qu'au cabaret son maître était resté

(C'était , je pense , un jour de fête), Notre singe en liberté Veut faire un coup de sa trtc.

Il s'en va rassembler k-s divers animaux

Qu'il peut rencontrer dans la ville :

Chiens, chats, poulets, dindons, pourceaux,

Arrivent bientôt à la file.

« Entrez, entrez, messieurs, criait notre Jacqueau ; C'est ici , c'est ici qu'un spectacle nouveau

1. Cette fahle, l'une des meilleures du recueil >le Flonan , est imitée du poète esf)a<r;nol Iriane. Florian a bien siirpassc^ son modèle, comme un pinirra s'en convaincre par la lecture d'une iradaction élégante ci exacte qu'en a fkite M. Charles Lcmesio. TooJefois le trait qui la termine est oxcelleDl :

Tout manque à l'écrivain qui manque de clarté.

Ceci est vrai, mais il ne faut pj^ croire qu'on no naanqne d<3 rien si OQ a la clarté.

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