‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 56 sur 160 · LIVRE II, FABLE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, FABLE VIII

VIII, L'Enfant et le Miroir.

Un enfant élevé dans un pauvre village Revint chez ses parents , et fut surpris d'y voir Un miroir.

D'abord il aima son image ; Et puis, par un travers bien digne d'un enfant ,

Et même d'un être plus grand,

Il veut outrager ce qu'il aime, Lui fait une grimace, et le miroir la rend.

Alors son dépit est extrême :

Il lui montre un poing menaçant;

Il se voi,t menacé de même.

Notre marmot fâché s'en vient, en frémissant, ,

Battre celle image insolente ; Il se fait mal aux niams. Sa colère en augmente;

Et, furieux, au désespoir,

Le voilà , devant ce miroir.

Criant , pleurant , frappant la glace.

Sa mère, qui survient, le console, l'embrasse,

Tarit ses pleurs, et doucement lui dit : « N'as-tu pas commencé par faire la grimace A ce méchant enfant qui cause ton dépit? — Oui. — Regarde à présent : tu souris , il sourit ; Tu tends vers lui les bras , il te les tend de même ; Tu n'es plus en colère , il ne se fâche plus. De la société tu vois ici l'emblème :

Le bien , le mal , nous sont rendus '. »

t. Cela n'est pas toujours vrai. On reçoit quelquefois le mal pi le biec. Il fbiU s's attendre et a'y résigner.

Page 1