LIVRE III, FABLE II
Transports et compliments de la troupe ébahie,
Qui s'admire dans ses lra\ aux.
Le lendemain matin ce ne fut pas de même : On voit flotter les blés sur un océan d'eau ; Pour sortir du village il faut prendro un bateau ; Tout est perdu, noyé. La douleur est e.xtrénic ; On s'en prend aux vieillards: « C'est vous, leur disait-on,
'Qui nous coûtez notre moisson; Votre maudit conseil.... — Il était salutaire, Répondit un d'entre eux ; mais ce qu'on vient de faire Est fort loin du conseil comme de la raison. Nous voulions un peu d'eau, vous nous licliez la bonde. L'excèsd'un très-grand biendevient un mal très-grand:
Le sage arrose doucement ;
L'insensé tout de suite inonde. »