X. Le Renard âé.cjuïsé
Un renard plein d'esprit, d'adresse , de prudence, A la cour d'un lion servait depuis longtemps ;
Les succès le? plus éclatants Avaient prouvé son zèle et son intelligence. Pour peu qu'on l'employât, toute affaire allait bien. On le louait beaucoup, mais sans lui donner rien ; Et l'habile renar.l était dans l'indigence.
Lassé de st>rvir des ingrats, De réussir toujours sans en être plus gras , Il s'enfuit de la cour; dans un bois solitaire
Il s'en va trouver son grand-père.
Vieux renard relire, qui jadis fut vizir'. Là , contant ses exploits , et puis les injustices,
Les dégoûts qu'il eut à souffrir, Il demande pourquoi de si nombreux services
N'ont jamais pu rien obtenir.
Le bonhomme renard , avec sa voix cassée, Lui dit : o Mon cher enffnt , la semaine passée, Un blaireau , mon cousin , est mort dans ce terrier;
C'est moi qui suis son héritier, ■J'ai conservé sa peau ; pose-la sur la tienne, Et retourne à la cour. » Le renard avec peine ^e soumit au conseil. Affublé de la peau
De feu son cousin le blaireau , Il va se regarder dans l'eau d'une fontaine. Se trouve l'air d'un sot , tel qu'était le cousin. Tout honteux, de la cour il reprend le chemin. Mais, quelques mois apiès , dans un riche équipage, Entouré de valets, d'esclaves, de flatteurs,
Comblé de dons et de faveurs, Il vient de sa fortune au vieillard faire hommage :