XI. Le Dervis, la Corneille et le Faucon
Un de ces pieux solitaires Qui, détachant leur cœur des choses d'ici-bas, Font vœu de renoncer à des biens qu'ils n'ont pas,
Pour vivre du bien de leurs frères, Un dervis ', en un mot, s'en allait mendiant
Et priant, Lorsque les cris plaintifs d'une jeune corneille. Par des parents cruels laissée en son berceau , Presque sans plume encor, vinrent à son oreille. Notre dervis regarde, et voit le pauvre oiseau Allongeant sur son nid sa tête demi nue.
Dans l'instant, du haut de la nue,
Un faucon descend vers ce nid;
Et, le bec rempli de pâture,
Il apiiorle sa nourriture
A l'orpheline qui gémit, a 0 dunuis-ant Alla* providence adorable ! S'écria le dei vis : plutôt qu'un innocent Périsse sans secours , tu rends compatissant
Des oiseaux le moins pitoyable!
El moi , fds du Très-Haut, jechercherais mon painl
Non , jiar le Prophète j'en jure, Tranquille désormais , je remets mon destin
1. Un dervis ou derviche, religienx mahomélan. La Fontaine nota aTcriit qu'il tie faut pas confiiiidie un moine avec un derri».