‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 91 sur 160 · XII. Les Enfants et les Perdreaux · texte numérisé non relu

XII. Les Enfants et les Perdreaux

Deux enfants d'un fermier, gentils, espiègles, beaux ,

Mais un peu gâtés par leur père,

Cherchant des nids dans leur enclos,

Trouvèrent de petits perdreaux

Qui voletaient après leur mère.

Vous jugez de leur joie, et comment mes bambins

A la troupe qui s'éparpille

Vont partout couper les chemins,

Et n'ont pas assez de leurs m^ins

Pour prendre la pauvre famille!

La perdrix , traînant l'aile , appelant ses petits ,

Tourne en vain , voltige , s'approche ;

Déjà mes jeunes étourdis

Ont toute sa couvée en poche.

Ils veulent partager, comme de bons amis. Chacur\ en garde six ; il en reste un treizième :

L'atné le veut; l'autre le veut aussi, c Tirons au doigt mouillé. — Parbleu non. — Parbleu si. — Cède, ou bien tu verras. — .Mais tu verras loi-même. » De propos en propos , l'îiîné, peu patient ,

Jette à la ItHe de son fière Le perdreau disputé. Le cadet, en colère,

D'un des siens riposte à l'instant.

L'aîné recommence d'autant; Et ce jeu qui leur plaît couvre autour d'eux la terre

De pauvios perdreaux pal[)itants.

Le fermier, qui passait en revenant des champs ,

Voit ce spectacle sanguinaire,

Accourt , et dit à ses enfants :

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