‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 104 sur 319 · POEME · texte numérisé non relu

POEME

A son malheureux père allât rendre la vie. Depuis qu'il est parti, ce vieillard désolé, Comptant de son retour le moment écoulé, Se traînait chaque jour aux portes de Ninive. Son épouse guidait sa démarche tardive.

Le vieillard restait seul, assis sur le chemin ; Vers chaque voyageur il étendait la main : Le voyageur passait; et Tobie en silence , Pour la reprendre encore , attendait l'espérance. Sa femme, gravissant sur les monts d'alentour, Cherchait au loin des yeux l'objet de son amour, Pleurait de ne point voir cet enfant qu'elle adore, Et suspendait ses pleurs pour le chercher encore. Mais ce fils approchait, accusant ses lenteurs , Il laisse ses troupeaux aux soins de leurs pasteurs. Les précède avec l'ange ; et sa mère attentive ^ L'aperçoit tout à coup accourant vers Ninive. Elle vole aussitôt , craint d'arriver trop tard ; Mais le chien, plus prompt qu'elle, est auprès du vieillard ; Il reconnaît son maître , il jappe , il le caresse. Exprime par ses cris sa joie et sa tendresse. Le malheureux aveugle , à ces cris qu'il entend , Juge que c'est son fils que le Seigneur lui rend : Il se lève , et d'un pas chancelant et rapide Marchant les bras ouverts , sans soutien et sans guide O mon fils, criait-il, c'est toi, c'est toi!... Soudain Le jeune homme, en pleurant, s'élance dans son sein : Le vieillard le reçoit, et le serre, et le presse ;

ter ejus Tobias... Ccepit antem contristaii nimisipse, et Anna uxor ejos Gam eo; et coeperunt ambo 'simul flere, eo quod die statato minime reverterebir filius eorum ad eos... etc. Mater quotidie exsiliens, eircumspiciebat, et circuibat vias oranes per quas spes remeandi videbatur, ut procul videret enm, si 6eri posset, venientem. ' Et dnm ex eodem loco specularetur adventum ejns, vidit a longe, et

illico agnovit venientem filiumsuum; currensque etc. Tune prsecu-

currit canisqui simul fuerat in via; et, quasi nundus adveniens, blandimento caudae su» gaudebat Et consurgens caecus pater ejus, cœpit offendcns pedibus currere ; et, data manu puero, occurritobviamtilio sua.

D'un long embrassement il savoure l'ivresse; Au défaut de ses yeux, sa paternelle main S'assure d'un bonheur qu'il croit trop peu certain. La mère arrive alors, palpitante, éperdue, Réclamant à grands cris une si chère vue; Les larmes du bonheur coulent de tous les yeu\ ; Et l'ange, en les voyant, se croit encore aux cieux.

Après ces doux transports, l'ange dit à son frère < De toucher du vieillard la tremblante paupière Avec le fiel du monstre immolé par ses mains. Le jeune homme obéit à ces ordres divins Et Tobie aussitôt voit la clarté céleste. Gloire à toi, cria-t-il, Dieu puissant que j'atteste ! J'avais péché longtemps, et longtemps je souffris : Mais je revois enfin et le ciel et mon fils ! O mon Dieu, je rends grâce à ta bonté propice ! Oui, ta miséricorde a passé ta justice.

Il dit; et de Sara les serviteurs nombreux, Les troupeaux, les trésors, viennent frapper ses yeux. La modeste Sara descend, lui fait hommage De ces biens devenus désormais son partage , Lui demande à genoux d'aimer et de bénir L'épouse qu'à son fils le ciel voulut unir. Le vieillard étonné la relève, l'embrasse; Il admire ses traits, sa jeunesse, sa grâce; Et, s'appuyant sur elle , écoute le récit De ce qu'a fait son Dieu pour l'enfant qu'il chérit. Mais, ajoute ce fils, vous voyez dans mon frère • Mon soutien, mon sauveur, mon ange tutélaire.

' Tune somensTobiasdefeUepiscis, liniTlt ocolos patrie sui... Statim Tisam recepit, et glorificabant Deum... Dioebatqne Toblas : Benedieo te, Domine... quia ta eastigasU me... Et ecce ego video Tobiam limn meum.

a ne duxit et rediixit sanum nxorem ipse me habere fecit me

ipsum a devoratione piscis eripuit, te qiioqne vldere fecit lumen coeli... Quid illi ad haec poterimus dignam dare ? Sed peto, pater mi , ut rofses eam si forte dignabitar medietatem de omnibus que allata sont sibi asaumere*

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