CONTE
Sans doute ayant quelque chose à lui dire
De très-secret y se iève doucement ;
Et vers minuit , tandis que tout repose ,
Dessus Torteil marcbant légèrement ,
Il va gratter à la porte mal dose
De la beauté qui ne dort pas encor.
Au premier bruit, le vigilant Médor
S'élance , jappe , et ses cris dStoyablea
Font que les gens se pressent d'accourir :
Notre amoureux n'a que le temps de fuir^
Donnant tout bas le .chien à tous les diables ,
Et jurant bien qu'il en serait vengé. . .
La dame aussi le jurait dans son âme :
Et, le matin, la charitable dame
Vieût annoncer que Médor enragé .
Depuis trois jours n'a ni bu ni mangé;
Qu'à la douleur son âme était en proie;
Mais que pourtant , songeant au commun bien ,
Et par raison sacrifiant son chien ,
Elle consent aussitôt qu'on le noie.
Dans le moment , bâtons , broches , épieux ,
Sont préparés au chien, qu'on abandonne.
Médor le voit, Médor quitte ces lieux.
Et fuit la mort qui de près le talonne«
Il court bien loin, et dans d'épais taillis
Va se cacher loin de ses ennemis.
Allons, dit-il , pour peu que ceci dure , Tous mes chagrins seront bientôt finis : Jusqu'à présent tout va de mal en pis ; La mort bientôt doit faire la clôture.
Mais je mourrai libre, ou je ne pourrai. Je ne veux plus voir ni servir personne : A mes besoins tout seul je pourvoirai ; J'irai, viendrai, resterai , chasserai , Sans qu'un tyran à son gré me l'ordonne : De tout péril je serai dégagé,
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