LE CHIEN DE CHASSE, CONTE
Et n'aurai plus à craindre qu'une belle Dise partout que je suis enragé, # Lorsque je suis courageux et fidèle.
C'est décidé , je yeux vivre pour moi.
il le croyait ; mais cette triste vie En peu de temps le fatigue et l'ennuie : Vivre en autrui , c'est la première loi Des malheureux capables de tendresse.
Médor bientôt, accablé de tristesse, Songe au passé, regrette jusqu'aux coups Que lui donnaient son maître et sa^ àiaftresse : Il sent contre eux expirer son courroux, Et va chercher jusque dans son village Son premier garde ; avec lui se rengage Dans ses premiers, dans ses plus chers liens; Et , tout honteux devant les autres chiens , il leur disait : J'ai tort, je le confesse; Mais vous voyez jusqu'où va ma faiblesse Pour ces humains qui ne nous valent pas. Accordez-moi le pardon que j'implore.
Il est affreux de chérir des ingrats; Mais n'aimer rien est cent fois pis encore.