D'INEZ DE CASTRO
TRADCIT DE Lk LUSIADE DE CANOENS.
Chant m, oct 4f8.
Vainqueur du Maure, au comble de la gloire, Uheureux Alphoùse , après tant de combats , Croyait goûter au sein de ses États La douce paix que donne la victoire :
O vain espoir ! d'Inez le triste sort D^un si beau règne a terni la mémoire ; En traits de sang on lit dans notre histoire Qu'Inez obtint le trône après sa mort.
Crud Amour, toi seul èominis le crime.
La tendre Inez ne vivait que pour toi : Jamais un cœur ne suivit mieux ta loi ; Et tu la fis expirer ta victime !
Ain^ les pleurs des malheureux mortels Pour toi, tyran, n'ont pas assez de charmes : Tu veux encor, non content de leurs larmes , Avec leur sang arroser tes autels.
Le front paré des roses du bel âge , Chsurmante Inez , dans une douce erreur, Tu jouissais de ce calme trompeur, Toujours , hélas ! si vdsin de Foni^e.
DuMondégo, témoin de ton ardeur, Tu parcourais les campagnes fleuries, En répétant aux nymphes attendries Le nom qu'Amour a gravé dans ton cœur.
Un doux lien à ton prince t'engage ; Le jeune Pèdre est digne de tes feux ;
184 INEZ DB CàSTAQ.
Un seul moment s'il est loin de tes yeox. Tout vient aux siens présenter ton image : Pendant la nuit, en songe il est heureux ; Pendant le jour, 0 cherche ta présence : Ce qu'il entend, ce qu*il voit, ce qu^il pense. Tout est Inez pour son cœur amoureux.
A ses serments Pèdre toujours fidèle
A dédaigné les filles de vingt rois.
O dieu d*amour ! quand on vit sous tes lois.
Dans l'univers il n'est plus qu'une belle.
De ses refiisson vieux père irrité
Apprend bientôt que le peuple en murmure :
Dès ce moment les droits de la nature
Sont immolés à son autorité.
Le cruel roi, pour vaincre la constance D'un fils qui doit lui succéder un jour. Veut dans le sang éteindre tant d'amour. Et sur Inez fait tomber sa vengeance.
Le fer est prêt : ce fer, qui, dans sa main^ Du vaillant Maure abattit la puissance.
Menace alors la beauté sans défense, Et le héros devient un assassin.
Par des soldats indignement traînée.
Aux pieds d'Alphonse Inez attend son sort: Le roi la plaint, et diffère sa mort : Mais par le peuple elle était condamnée. Les fils d'Inez, désolés et tremblants.
Sur son péril témoignaient lemrs alarmes ; C'était pour eux qu'elle versait des larmes, Non pour ses jours , moins chers que ses enfisaita*
Leur désespoir, leurs prières plaintives, Ont des bourreaux suspendu les fureurs.
Inez au ciel lève ses yeux en pleurs.
Ses yeux. . . Les fers tenaient ses mains captives*