‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 148 sur 319 · ESS4I · texte numérisé non relu

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et du poëme. Il faut qu'il soit simple , car Fauteur raconte « il faut qu'il soit naïf, puisque les personnages dont il parle et qu'il fait parler n'ont d'autre éloquence que celle du cœur; il faut aussi qu'il soit noble , car partout il doit être question de la vertu, et la vertu s'exprime toujours avec noblesse.

D'ailleurs, il n'est pas nécessaire qu'il n'y ait que des bergers dans le roman pastoral. Je pense, au contraire, qu'il est bien fait de mêler avec eux des personnages d'un autre état, d'une condition même très-élevée, pourvu qu'ils n'y tombent pas des aues^ et qu'ils aient un rapport direct au sujet. Indépendamment delà variété que cela jette dans l'ouvrage, il est consolant de voir des héros, des princes se rapprocher de simples pasteurs , devenir leurs amis , se croire leurs frères , parce qu'ils ont les mêmes goûts , parce que les cœurs bien nés aiment tous les mêmes choses, la nature et la vertu.

C'est par ce moyen principalement, c'est en peignant des êtres vertueux et sensibles , qui savent immoler au devoir la passion la plus ardente, et trouvent ensuite la récompense de leur sacrifice dans leur devoir même ; c'est en présentant la vertu sous son aspect le plus aimable, et prouvant qu'elle est également nécessaire au berger, au prince, pour être heureux, que je crois possible de donner à la pastorale un degré d'utilité. Les bergars d'à présent ne lisent guère, mais les maîtres de leurs troupeaux lisent ; et si des auteurs plus habiles que moi , d'après les principes que je viens d'indiquer, faisaient des ouvrages où se réuniraient à l'intérêt d'un sujet bien choisi le tableau touchant des mœurs de la campagne, les descriptions toujours agréables des beautés de la nature, l'heureux mélange de la prose et des vers, surtout des leçons d'une morale pure et douce; de tels livres ne seraient, je crois, ni ennuyeux, ni futiles; et les pauvres des villages s'apercevraient que leur seigneur les lit souvent.

J'ose essayer ce que d'autres feront mieux sans doute. Il est peut-être maladroit d'avoir -commencé par exposer les règles et les principes qui doivent perfectionner^ ce genre d'ouvrage. Je crains d'y avoir manqué le premier. Mais si une seule de

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