‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 149 sur 319 · SUB LÀ PASTORALE · texte numérisé non relu

SUB LÀ PASTORALE

mes réflexions est utile, mon temps n'a pas été perdu. Je n'ai pourtant jamais tant désiré de bien faire. Indépendamment du genre pastoral, quej'ai toujours aimé de prédilection, mon ouvrage avait un intérêt puissant pour mon cœur : la scène est dans la province, dans Tendroit même où je suis né : il est si doux de parler de sa patrie , de se rappeler les lieux où Ton a passé ses premiers ans , où Ton a senti ses premières émotions ! Le nom seul de ces lieux a un charme secret pour notre âme : elle semble se rajeunir en pensant à ce temps heureux de Tenfance, où les plaisirs sont si vifs, les chagrins si courts, les jouissances si pures. Ce souvenir est toujours accompagné de souvenirs encore plus chers ; ceux qui nous donnèrent le jour, ceux qui prirent de nous de tendres soins, nos premiers, nos meilleurs amis viennent embellir les scènes qui se retracent à notre mémoire. On se croit encore avec eux ; on se trouve tel que Ton était alors ; on oublie les peines, les injustices que l'on éprouva depuis , les maux que Ton s'attira , les fautes que l'on a commises ; on ne se souvient que de ses sentiments, qui valent presque toujours mieux que les actions ; de douces larmes coulent malgré soi, et Ton s'écrie, avec le premier des poètes latins :

Kn UDqnam patrios longo post tempore fines,

Pauperis et tugurt congestum ccspite culmen,

Post aliquot, mea régna videos, niirabor aristas? •

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