‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 165 sur 319 · SUB NOS ÂUTSUBS COMIQUES · texte numérisé non relu

SUB NOS ÂUTSUBS COMIQUES

mène surtout, médisent de toute la terre devant le misanthrope» sont superbes. La scène cinquième du troisième acte, dans la« quelle la prude Arsinoé vient donner des avis à la coquette Célimène , qui les lui rend avec tout Tesprit imaginable ; la septième , dans laquelle Arsinoé allume la jalousie d'Alceste , après Tavoir loué malgré lui; la scène trmsième du quatrième acte, de fureur et de rage de la part d'AIceste , de finesse et de coquetterie de la part de Gélimène, qui s'apaise tant qu'AIccste est en colère, qui se fâche dès qu'Aloeste s'apaise ; la première scène du cinquième acte, où Alceste, après avoir perdu son procès, veut renoncer à la nature entière, et s'enfuir dans les bois ; le dénoùment enfin : voilà les beautés principales d'un ouvrage dans lequel il n'y a pas on vers qui n'ait rapport au caractère principal.

Le Médecin vMilgrè luu

Jolie farce pleine de vérité. La première et la deuxième scène du premier acte , dans lesquelles Sganarelle bat sa femme , le voisin Robert voulant l'en empêcher, et celui-ci étant battu par la femme et par le mari ; la scène sixième , où l'on fait dire à Sganarelle, à force de coups de bâton, qu'il est médecin; la scène troisième du deuxième acte, dans laquelle Sganarelle fait le médecin ; la sixième , où il interroge le malade : voilà les plus jolies scènes de ce petit ouvrage, qui soutint le Misanthrope.

Mélicerte (pastorale).

Molière ne l'a pas achevée. La scène troisième du deuxième acte est jolie , et Mélicerte et Myrtil y parlent comme des bergers bien amoureux et bien naïfs.

L'Amour peintre.

Petite pièce pleine de grâce et de galanterie : la scène onzième du portrait est charmante , et la suivante est d'un comique admirable : don Pèdre est un jaloux parfait ; Adraste, un amant trèsaimable, etHali, un fourbe très-comique.

Le Tartufe.

Tout est sublime dans ce chef-d'œuvre ; et le dénoùment , que plusieurs personnes n'approuvent pas , ue peut choquer, après cinq actes de beautés continues.

La première scène du premier acte, où la vieille mère Femelle, en grondant toute sa famille, expose si plaisamment et la pièce et le caractère de chacun; la cinquième, où Orgon s'informe de la santé de Tartufe , et oublie sa femme et ses enfants , maigre les railleries de Dorine; la sixième sur les'faax dérots entre Qrgon et Gléante, scène admirablement écrite; la quatrième du deuxième acte, où les amants se brouillent par un malentendu, et se raccommodent par les soins de Dorine; la deuxième du troisième acte, où Tartufe s'annonce; la troisième , où il foitsa déclaration à£lmire ; la sixième , où Orgon lui demande pardon k genoux pour son fils qui Ta accusé; la ciaquième du quatrième acte , où Or« gon est sous la table , scène si singulière, si belle et si hardie : voilà les principales beautés d'un ouvrage que l'Europe admire avec raison.

amphitryon.

Une des plus comiques pièces de Molière. Le premier monologue de Sosie, quoique très-long; la scène avec Mercure, qui lui persuade quMl est Sosie; la scène première du deuxième acte entre Amphitryon et Sosie; la deuxième entre AIcmène et Amphitryon; la troisième entre Gléanthis et Sosie, où il s'informe à son tour de ce qui s'est passé ; la deuxième du troisième acte, où Mercure se moque d'Amphitryon : voilà les scènes à étudier dans ce chef* d'œuvre de comique.

L'Avare,

Encore un chef-d'œuvre. Le dénoûment, que l'on blâme, était impossible autrement. Cette pièce vaut peut-être le Tartufe et fô Misanthrope. La scène troisième du premier acte entre l'avare et le valet qu'il fouille ; la cinquième entre l'avare, son fils et sa fille, quand ils veulent lui parler de leur mariage ; la septième , où l'avare prend l'amant de sa fille pour juge de son refus de se marier; la scène sixième du deuxième acte, dans laquelle Frosine flatto l'avare ; la scène troisième du quatrième acte, où l'avare trompe son fils par une fausse confidence ; la quatrième, où maitre Jac» ques les raccommode si conriquement ; la deuxième du cinquième acte» dans laquelle maitre Jacques accuse l'intendant du vol de la cassette « la troisième, où Yalère croit qu'on l'accuse d'avoir enleva

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Élise, et le quiproquo de la cassette : voilà les beautés à étudier ■dans celle pièce.

George Dandin,

Pièce très-morale et très-comique. La scène deuxième du premier acte, où Lubin fait confidence à George Dandin de son message pour sa femme; la quatrième , où M. et madame de Sot* enville font enrager leur gendre, qui se plaint de leur fille; la huitième, où George Dandin est obligé de demander pardon au galant de sa femme ; la scène septième du deuxième acte, où Lubin raconte de nouveau à George Dandin le rendez-vous de sa femme , et la dernière scène de la pièce, dans laquelle le mallieureux mari est encore obligé de demander pardon à sa coquine de femme : voilà les scènes à étudier.

Pourceaugnac,

Dans cette farce , comme dans^toutcs celles de Molière, il y a des scènes excellentes. La cinquième du premier acte, où Sbrigani prend le parti de Pourceaugnac ; la suivante , où Éraste lui persuade qu'il connaît Limoges et toute sa famille; la onzième, où Pourceaugnac est entre les deux médecins, et ne sait ce qu'ils lui veulent : voilà , ce me semble, les seules beautés de cette pièce.

Les Amants. magnifiques.

Pièce de commande. La scène septième de la pastorale du troisième intermède est charmante : c'est une traduction d'Horace.

Le Bourgeois gentilhomme.

Chef-d^œuvre encore. La scène de M. Jourdain avec ses maîtres ; celle avec son maître de philosophie ; la troisième du troisième acte, où madame Jourdain et Nicole font la leçon à M. Jourdain ; la suivante, où Dorante vient lui emprunter de l'argent ; la dixième , où Lucile et Nicole courent après leurs amants , et s*en font suivre à leur tour ; la douzième , où Cléonte demande Lucile, et est refusé parce qu'il n'est pas gentilhomme ; la dixneuvième, où M.Jourdain reçoit Dorimène, et fait de l'esprit avec elle : voilà les beautés de cet ouvrage, dont le cinquième acte ne vaut pas les autres.

S7S MES IDB£S

Les Fourheria de Scapln,

Sans le troisième acte , cette farce charmante serait ane excd' fente comédie. La première scène du premier acte est un modèle d'exposition; la scène quatrième, où Scapin donne des conseils à Octave; la sixième, où Scapin raconte à Argante l'histoire du mariage de son fils ; dans le deuxième acte, la scène cinquième, où Scapin fait cette confession si plaisante; la scène septième, où son maître a besoin de lui , et le supplie de lui pardonner; la huitième, où Scapin tire de Targent d' Argante pour rompre le mariage de son fils, et où il lui détaille tout ce qu'il lui en coûtera pour plaider; la onzième, où Scapin tire de l'argent de Géronte par le comité de la galère, sont à remarquer. Dans le troisième , la scène du sac me semble peu digne des autres ; mais la suivante, la troisième , où Zerbinette raconte à Géronte sa propre histoire, et celles que fai indiquées : voilà les scènes que je trouve admirables dans cette pièce, dont ]e()^ooûmeat est à l'antique.

Psyché.

Cette pièce est du grand Corneille, de Molière, de Quinault et de LuUi. Jamais si faible enfant n*a eu des pères si forts. La scène troisième du troisième acte est charmante ; le style en est doux et pur : c!est le grand Corneille qui l'a faite. Psyché fait sa déela* ration d'amour à l'Amour : c'est un modèle. Voilà tout ce qu it y a dans la pièce.

Les Femmes savantes.

Chef-d'œuvre encore. La première scène du premier acte, ou Armande et Henriette exposent leurs différents caractères; la deuxième, où Clitandre avoue à Armande qu'il ne Taime plus; la> quatrième , où Bélise veut toujours voir une déclaration d'amour dans tout ce que lui dit Clitandre; au deuxième acte, les scènes cinquième et sixième, où Martine est chassée, parce qu'elle a manqué à la grammaire; la septième, où Chrysale se plaint aux femmes savantes, et leur parle raison; au troisième acte, les scènes 1 , 2, 3, 4, 5, où Trissotin lit ses vers, où il se prend de querelle avec Yadius ; au cinquième acte, la scène première, où Henriette ténK>igne à Trissotin sa répugnance , et où oelui-d persiste ; la scène troisième où le notaire ne sait auquel entendre, le père

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disant que le gendre cstCIitandre, la mère disant que c'est Tris* 80tin, Martine philosophant mieux que personne : voilà les scènes de cet ouvrage admirable qui doivent servir de modèles.

La Comtesse d'Escarhagnas,

Jolie farce. Les ridicules de la province y sont bien peints. Les scènes quatrième et sixième , où la comtesse gronde et instruit ses gens ; la scène quinzième , où on lit la jolie lettre de M. Thibaudier; la seizième, où il vient lire lui-même les vers qu'il a faits ; les deux suivantes , où M. Bobinet amène son jeune élève : voilà ce qu'il y a de plus comique dans celte pièce.

Le Malade imaginaire*

Excellente comédie. La première scène du premier acte , où Argan compte ses mémoires; la cinquième, où il propose à sa fille de se marier, Angélique croyant qu'il parle de son amant; sa colère avec Toinelte; la scène neuvième avec sa femme et le notaire : au deuxième acte , la scène sixième , dans laquelle Diafoirus fait ses compliments , et l'amant déguisé en maître à chanter chantant un duo avec sa maltresse ; la scène onzième d'Argan et de sa pelite-fille, à qui il fait raconter tout ce qu'elle a vu : au troisième acte , la scène troisième , où Béralde parle raison à Argan sur la médecine; la sixième, où M. Purgon vient le menacer de mille espèces de maux; la quatorzième , où Toinette joue le médecin , et devine toutes ses maladies : voilà les traits les plus comiques de cette pièce, qui fut la dernière de l'inimitable Molière.

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