‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 172 sur 319 · A M* DB B018SY D'ANGLAS · texte numérisé non relu

A M* DB B018SY D'ANGLAS

l>erdus; vous en serez peut-être cooteiit. Vous le leiez sùremciit 4e Thistoire des Maures, peuple qui nous était absolument inconnu p et qui méritait au moins d'être autant célébré que certair nés gens que je vois célèbres. La Harpe fait grand cas de cette histoire « et m'a dit avec repentir qu'il se portait fort mal quand il a lu mon livre* Portez- vous bien, aimez-moi toujours, et ne m'appelez point aristocrate , comme certains de mes amis m'appellent démagogue.

Homo sum ; nihil hiimaiii « me aUenum ptUo» le suis, de plus, votre bon confrère et ami.

Paris, ce 17 féTrier 1793.

Somax-rtDnitè, 16 meMldor mi II.

Diable! diable ! mon cher confrère, voici un très-beau et trèsutile ouvrage. Je l'ai lu de suite , sans m'arréter, sans me douter qu'il avait plus de cent grandes pages. Je l'ai relu avec une attention plus sévère , j'ai retrouvé le même plaisir. C'est partout la réunion si douce delà vertu, ae la raison, de l'amour de la patrie, de l'éloquence du cœur, de la tendre sensibilité. Cette dernière surtout me semble caractériser votre livre. Toutes les fois que vous parlez du mariage , des funérailles, des souvenirs, des consolations qui restent à la pauvre humanité, on voit que vous êtes sur votre terrain , on sent que tout ce que vous dites coule d'une source abondante. Vous êtes un digne homme; je le savais Im6d ; et vous êtes , de plus , éloquent avec du goût , chose moins méritoire, mais aussi rare.

Recevez mes remerdments doux et sincères pour le plaisir que vous m'aivez fait. J'en aimerais bien mieux ma fille aînée Galatée , si c'était elle qui vous eût inspiré quelques idées de votre ouvrage. le vous la léguerais en mourant , comme ce Grec, Eudamidas , je croîs , légua sa flUe à établir à son ami plus riche que lui. Je vous remercie de nouveau , et vous prie tendrement de venir me voir le plus tôt qu'il vous sera possible ; car, depuis que je vous ai lu , i'ai plus d'envie de vous embrasser.

Nous causerons ensemble , mon cher confrère , beaucoup de vos

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oavrages , et un peu de Tintérèt qae vous prenez aux miens. Je ne puis ressembler à Ovide que par les regrets que son cœor donnait aux amis qu*il ne voyait plus. Votre présence les adoacira. Je vous embrasse de toute dkhi &me.

27 messidor an II.

Mon cher confrère en Apollon , vous êtes instruit peut-être que je vais dans une maison d'arrêt , par Tordre du comité de salut public. J*ai beau fouiller et scruter jusques au fond de mon cœur, je ne crains pas de vous dire (car le malheur ne peut être soupçonné d'orgueil ) que ce cœur est pur comme le vôtre. Peut-être ai-je mal pris mon moment pour faire la demande de réquisitiou que votre zèle a sollicitée. Cette idée est superflue avec une âme amicale comme la vôtre , pour vous engager à faire ce qui sera en votre pouvoir pour abréger ma captivité. Je vous le dis du profond de mon âme : si j*ai péché , c*est par ignorance. S*il est possible de faire abréger un châtiment plus grand pour les malheureux poètes que pour les autres, le comité exercera un acte de justice et de bienfaisance. Ces deux mots sont les plus beaux de toutes les langues ; et quand je songe à vous , je trouve que le plus doux est celui d'amitié.

Sceaax-rCnité , 23 thermidor an II de l'ère répabl.

Recevez, mon cher bienfaiteur, les tendres actions de grâces que je vous dois, pour l'intérêt que vous avez pris à mon sort, pour les démarches que vous avez faites, pour la liberté, qui m'est bien plus douce en la rapportant à vos soins. Elle est le premier des biens ; mais le premier des plaisirs est la reconnais* sance, et c'est vous qui me prouvez cette sentimentale vérité.

En sortant de prison j'ai couru chez vous. La loi me défendait de vous attendre, il fallait la loi pour m*empécher de jouir de ce bonheur. Accordez-le-moi, mon ami, en venant promptemeot me voir. Venez dîner dans ma retraite , venez me voir reprendre mon luth , couvert déjà de poussière , et sur lequel je vais chanter d'une voix plus forte la liberté et l'amitié.

A M. DE BOISSY D*ANOLA.S. 397

Adieu, mon bienfaiteur; venez aussitôt que le noble métier que vous avez pris d'être utile vous laissera un moment. Donnezle-moi , ce moment. Je ne sentirai tout à fait ma liberté qu'en vous embrassant.

Sceaaz-rUnité, 15 fraotidor.

Vous portez , mon cher et aimable législateur, la peine du plaisir que vous trouvez à obliger, et celle du plaisir que je trouve à me vanter de vous connaître. Le maire de cette commune , boa et digne citoyen , m'a demandé avec instance de vous importuner en faveur du cit. Osselet , qui vous remettra ce billet. Ce n'est pas une démarche , c'est un conseil que nous vous demandons pour le cit. Osselet. Il revient de combattre les ennemis de la république, il est sur le point d'y retourner; mais sa santé, dans un état déplorable, lui fait craindre qu'elle ne serve pas son zèle. De plus , le cit. est époux , père , fils , et fort malade. Il a les certificats et les preuves de sa mauvaise santé. Nous vous prions , mon cher confrère en Apollon, de vouloir bien lui dire à qui s'adresser, ce qu'il faut qu'il fasse, et les moyens de réussir. Votre cœur, heureux quand il fait du bien, ne vous rendra pas cette bonté pénible, et je vous en remercie d'avance.

Adieu , mon bon et cher confrère. Guillaume Tell avance fort , et avancerait mieux sans quelques accès de fièvre , suite de mon été, ou précurseur de mon automne. J'ai cette fièvre en vous écrivant, et je n'en sens pas moins tout le plaisir de vous dire que je vous aime.

Nota. Cette lettre est la dernière qu'écrivit M. de Florian ; il était atteint de la maladie qui renleyaaax lettres et à l'aniitié, et il mourut peu de Jours après.

FbOllAli.

TFIEATRE

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