‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 174 sur 319 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ARLEQUIN, teulfUn billet à la main,

Yoicl la première fois qoe je suis bien aise de saf olr lire. Quel bonheur l elie m'aime. J'en suis sftr à présent ; elle Ta dit, elle l'a écrit , et Argentine ne pent pas mentir : eUe a la bouche trop jolie et la main trop blanche pour tromper. Relisons encore son billet. ( // UL ) « Sois tranquille, mon bon « ami ; ton rival ne doit te donner aucune inquiétude. Je t'aime. » Je t'aime*. Je n'ose pas baiser ce mot-là , de peur de l'effacer. ( Il continue de lire, ) « Uon cœur est à toi pour toujours : tu auras ma main quand tu « voudras. » Quand je voudrai ! Je ne fais que le vouloir depuis que je la coimais. Ma obère lettre! ma bonne lettre! ( // la baUe, ) Allons, plus d'inquiétude. Ce coquin de Scapin m'offusquait II fait semblant d*aimer Argentine ; et souvent ces amoureux menteurs ont de Tavantage sur les amoureux qui parlent vrai. Heureusement Argentine n'est pas de cet avislà. Allons la remercier , et prendre jour pour notre mariage. Ah ! comme il fera beau ce jour-là l( Jlva et ntvienL ) U y a pourtant quelque chose qui me diagrine i Argentine a du bien; je n'ai rien , moi t je voudrais être riche , ou qu'elle fbi pauvre. Quand il y a , comme cela, de l'argent d'un o6té , et qu'il n'y a que de Tamour de l'autre , je ne sais pas , mais cda ne va jamais si bien que lorsque tout est égal, et qu'il y a amour contre amour. J'ai beau faire , je ne peux pas devenir riche i tous les mois je mets mes gages à la loterie ; mes numéros restent toujours au fond du sac J'en ai encore pris trois pour ce tirage-d ; les voilà ( Jl tire un billet de lote» ne ) : 7 , 19 , 48. J'ai mis six francs sur ce terne4à : s'il sort, ma fortune est faite , et je l'offre à ma chère Argentine t s'il ne sort pas, au premier tirage je prendrai tous les numéros , nous verrons s'il en sortira un. En

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