ACTE ir, SCENB V
tonte ina vie; je serai votre domestique , le dernier de vos valets. Je labourerai vos champs ; j'aurai foin de vos attelages; je ferai Touvragc de deux : vous ne me payerez pas. Je suis fort et robuste, je travaille bien. Achetez-moi , je me vends à vous.
GiB. Pardi ! je le crois bien ; le marché ne serait pas mauvais. Mais finistsons tous ces comptes-là. Je n*ai pas besoin d'un valet, et j'ai besoin d'une femme. D'abord, Agathe n'est pas si pauvre que vous le dites : je le sais de bonne part. Agathe me convient de toutes façons; et, sans vous, M. Thibaut ne ferait pas difficulté de me la donner. L'amour, 1 intérêt, le bon sens, m'engagent à employer tous les moyens i30ssihles pour l'emporter sur mon rival; et plus vous aimez votre mère, plus je persiste à TOUS donner le choix de la voir en prison , ou de céder Agathe. Votre réponse , que je m'en aille.
FiBH. Rfa réponse?
GiB. Oui , finissons.
FiBii. Ah ciel!
GiB. Je vais chercher les huissiers.
FiBH. Un moment I
GiB. Vous balancez toujours.
FiB. Ah ! je dispute, mais je ne balance pas.
GiB. Ehbien?...
FiBH. Eh bien?...
GiB. Je suis las de tant d'incertitude, et je vais sur-le-champ...
( Il veut sortir,)
FiBH., V arrêtant * Monsieur Giraut! monsieur Girautl...
GiB., s'en allant. Non, je ne reviens plus...
FiBM. Eh bien !... eh bien !... écoutez... écoutez...
GiB., «*en allant toujours. Non , je n'écoule rien.
FiBM. Agathe... Agathe est à vous...
GiB., revenant. Ah! voilà parler, cela.
FIBM., pleurant. Donnez-moi la (iuittance de ma mère.
GiB. l}n moment, s'il vous plait. La voilà toute prête, cette quittance; «nais comment voulez-vous qu'Agathe me croie , quand je lui dirai que vous renoncez à elle? Vous sentez bien qu'il faut que tout soit égal; et pniscpie j'irai dire moi-même à votre mère qu'elle ne me doit plus rien , H faut que vous disiez vous-même à Agathe que vous ne l'aimez plus.
FIBH. Quoi ! vous voudriez...?
GiB. Je veux la raison. Vous convenez vous-même qu'Agathe vous aime, et qu'elle doit vous choisir. . . Vous seul pouvez l'engager à ne plus vous aimer, et à me préférer à vous. Sans cela, vous feriez un marché de friiwn , et moi je serais une dupe ; et tout l'ordre serait renversé. Venez donc avec moi trouver Agathe; et je ne vous demande autre chose que de lui dire que vous ne l'aimez plus , et que vous consentez à son mariage avec moi.
FiBM., pleurant. Jamais, jamais , monteur Giraut. J'aurais beau faire Bneffort, ma langue, malgré moi, lui dirait que je l'aimerai toute ma vie.
(jIB. Alors, malgré moi, je ferai arrêter madame Marcelle.
{Il veut s'en aller,)
FiBM. Un moment, je vous en conjnre! ayez pitié de moi, monsieur Giraut.
GiR. Décidez-vous donc
l'IBM. Je vous promets , je m'engage à renoncer à Agathe. Wais n'exigez
pas que je le lui dise moi-même, je n*efl anrais jamais la force; ne l'exigez pas , moDsieor GiranU Je tous promets, je m'engage à le loi écrire , et yous porterez Toos-raême la lettre.
GiR. Non, non; Agathe Tondrait one explication , et cette explication raccommoderait tout. Venez tout à l'heure avec moi... Mais vcnci mademoiselle Agathe; ce moment va tout décider : si vous lui faites le moindre signe , si vous lui dites le moindre mot qui puisse lui faire soupçonner ce dont il s'agit , sans rien dire je vous quitte, et je vais faire arrêter votre mère.
FiB. Ah ! du moins si elle était là pour me soutenir!