‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 27 sur 319 · LE BOUVREUIL ET LE CORBEAU · texte numérisé non relu

LE BOUVREUIL ET LE CORBEAU

Un bouvreuil , un corbeau , chacun dans une cage ,

Habitaient le même logis.

L'un enchantait par son ramage La femme, le mari, les gens , tout le ménage : L'autre les fiatiguait sans cesse de ses cris ; Il demandait do pain , du rôti , du fromage ,

Qu'on se pressait de lui porter,

A.fin qu'il voulût bien se taire.

Le timide bouvreuil ne faisait que chanter, £t ne demandait rien : aussi , pour l'ordinaire ,

On l'oubliait ; le pauvre oiseau

Manquait souvent de grain et d'eau.

Ceux qui louaient le plus de son chant l'harmonie .

JN'auraient pas fait le moindre pas

Pour voir si l'auge était remplie.

Ils l'aimaient bien poiutant , mais ils n'y pensaient pas. Un jour on le trouva mort de faim dans sa cage. Ah ! quel malheur ! dit-on : las ! il chantait si bien ! De quoi donc est-il mort? Certes, c'est grand donunage : Le corbeau crie encore, et ne manque de rien.

FABLE VIL

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