‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 65 sur 319 · LA VIPÈRE ET LA SANGSUE · texte numérisé non relu

LA VIPÈRE ET LA SANGSUE

La vipère disait un jour à la sangsue :

Que notre sort est différent ! On vous cherche , on me fuit ; si Ton peut , on me tue :

Et vous , aussitôt qu'on vous prend ,

Loin de craindre votre blessure ,

L'homme vous donne de son sang

Une ample et bonne nourriture :

Cependant vous et moi faisons même piqûre. ' La citoyenne de l'étang

Répond : Oh que nenni , ma chère !

La vôtre fait du mal , la mienne est salutaire. Par moi plus d'un malade obtient sa guérison ; Par vous tout homme sain trouve une mort cruelle. Entre nous deux , je crois , la différence est belle :

Je suis remède , et vous poison.

Cette fable aisément s'explique :

Cest la satire et la critique.

FABLE VIL

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