‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 83 sur 319 · LE PROCÈS DES DEUX RENARDS · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DES DEUX RENARDS

Que je bais cet art de pédant ,

Cette logique captieuse , Qui d'une chose claire en fait une douteuse, D'un principe erroné tire subtilement

Une conséquence trompeuse ,

£t raisonne en déraisonnant !

Les Grecs ont inventé cette belle manière : Us ont fait plus déniai qu'ils ne croyaient en faire. Que Dieu leur donne paix !

Ils^agitd'unr^ard, Grand argnmentateur, célèbre babillard^

Et qui montrait la rhétorique.

Il tenait école publique , Avait des écoliers qui payaient en poulets. Un d'eux , qu'on destinait à plaider au palais ^ Devait payer son maître à la première cause

Qu'il gagnerait : ainsi la chqse Avait été réglée et d'une et d'autre part. Son cours étant fini, mon écolier renard

Intente un procès à son maître , Disant qu'il ne doit rien. Devant le léopard

Tous les deux ^en vont comparaître.

Monseigneur, disait l'écolier.

Si je gagne, c'est clair, je ne dois rien payer;

Si je perds , nulle est sa créance ;

Car il convient que l'échéance

N'en devait arriver qu'après

Le gain de mon premier procès :

Or, ce procès perdu, je sui^quitte, je pense :

Mon dilemme est certain. Nenni,

Répondait aussitôt le maître :

LIVEB ¥• 137.

Si vous perdez, payez ; la loi Tordonne ainsi.

oî vous gagaez, sans plus remettre.

Payez ; car vous avez signé Promesse de payer au premier plaid gagné : Vous y voilà. Je crois l'argument sans réponse. Chacun attend alors que le juge prononce »

^t l'auditoire s'étonnait

Qu'il n'y jetât pas son bonnet.

Le léopard rêveur prit enfin la parole ; Hors de cour» leur dit-il : défense à l'écolier

De continuer son métier ;

Au maître, de tenir école.

FABLE IV

Page 1